Au seuil de l’année 2012, je voudrais vous exprimer mes vœux sincères de bonheur, de santé et de succès éclatants. Mes vœux s’adressent à mes amis des réseaux sociaux bien sûr, aux jeunes africains et à toutes les personnes humaines où qu’elles se trouvent.
Ayons, ensemble, une pensée particulière à tous ceux qui ont subi les injustices de la nature et de l’économie ainsi que les affres de la double tragédie humaine de la servitude et de la tyrannie.
L’année 2011 aura connu de profonds bouleversements qui retentiront sur le cours des événements présents et futurs. Le spectacle de 2012 leur sera intimement lié.
Le télescopage de nombreuses déflagrations a fait penser au retour de l’histoire. Le monde s’est retrouvé face à des événements majeurs qui contribueront à façonner la condition humaine. Malgré, l’hétérogénéité de leurs natures et de leurs échelles, certains de ces événements constituent, à mes yeux, des marqueurs de 2011.
Le premier marqueur est l’exacerbation de la crise économique et financière et, in fine, la récession avec leurs contre coups sur les vies quotidiennes de tous les êtres humains. Les réunions des grands et petits n’ont pu endiguer l’affaissement généralisé. Bien au contraire, à la fin de chaque sommet, surgissent des goulots d’étranglement porteurs des germes de la souffrance. L’année s’achève sur des termes effrayants :rigueur, austérité.
Partout, on élabore des plans de rigueur avec leur cortège de coupes sombres dans les investissements sociaux, d’aggravation du chômage de la jeunesse désespérée, de décrue de l’aide publique aux plus pauvres et enfin de raréfaction des ressources financières.
Le désespoir de la jeunesse en Occident comme ailleurs a conduit à ce qu’on appelle le printemps arabe. Les chutes, les unes après les autres, des oligarchies arabes constituent le second marqueur de 2011.
Personne n’avait ni pensé ni prévu de tels bouleversements foudroyants. La désintégration brutale d’une série de régimes dictatoriaux et corrompus n’est pourtant pas un épiphénomène. La rupture enclenchée trouve son explication dans des raisons structurelles : rejet de la servitude et aspiration légitime à la liberté, chômage de masse des jeunes, lente révolution mentale associée à l’amélioration des niveaux éducatifs et culturels et à l’influence, sans frontière, des réseaux sociaux.
L’histoire retiendra le rôle central de la jeunesse dans l’amorce des nécessaires changements dans le monde arabo-musulman.
Au-delà, de la déconfiture des régimes oligarchiques qui n’est pas arrivée à son terme, l’enjeu est de dessiner de nouvelles perspectives avec deux viatiques clefs : la jeunesse et la préparation de l’avenir.
Aborder ces rivages met en avant le sens et le poids de la politique qui est le moyen par lequel, en toute légitimité, il est possible de repenser notre devenir collectif.
Notre devenir passe par une refondation de notre système de gouvernance grâce à une volonté politique forte et innovante. Cette nécessaire refondation est le troisième marqueur de l’année écoulée. Les tentatives ont toutes échoué. La démagogie aura pris le dessus à cause des micro nationalismes toujours ravageurs. L’interdépendanceavérée et l’exigence du rassemblement solidaire n’ont pu convaincre alors que les problèmes posés dépassent les seules frontières nationales. Le système monde fonctionne à plein régime d’où ce décalage entre les décisions et les enjeux à fore tonalité planétaire.
Le fonctionnement systémique du monde vide de leurs sens les approches réductrices.
L’exemple éloquent, quatrième marqueur, est la catastrophe de Fukushima qui renvoie à des interrogations qui dépassent le Japon : accès à l’énergie nucléaire et sécurité, problématique écologique associée, remise en cause des installations et coûts de leur démantèlement, gestion des rapports avec des pays imprévisibles Iran et Corée du Nord.
En tout état de cause, l’accident tragique de Fukushima alerte, bouleverse et fait vaciller les certitudes d’hier.
La mort de Ben Laden est, à mon avis, le cinquième marqueur. Elle constitue en elle-même une vraie rupture dans l’histoire du terrorisme et l’engrenage associé depuis les attentats du 11 septembre.
Cela renvoie à un autre défi mondial : le terrorisme de masse qui frappe partout. L’horreur attachée à cet enjeu planétaire nourrit l’idéologie de la haine et de la brutalité.
La prolifération outrancière de l’intolérance voir du racisme vulgaire est le sixième marqueur. Les précampagnes électorales dans de nombreux pays qui comptent illustrent cet état d’esprit malsain et grotesque. Aux Etats Unis comme en France, on croit assister à un concours de vulgarités verbales. C’est honteux et ubuesque. Il est légitime de chercher les voix des électeurs mais pas à ce prix. Cela ne grandit ni la personne encore moins la démocratie.
Face à ces marqueurs aussi inquiétants les uns que les autres, il ne nous reste qu’à fourbir nos armes pacifiques : réfléchir pour esquisser des solutions, débattre pour cultiver la tolérance et se battre pour l’ancrage de certains universels humains.
Raisonner, échanger et tolérer sont des exigences d’avenir. Ils relèvent de la responsabilité de toute l’espèce humaine. C’est tout l’enjeu de 2012.
Avec mes vœux les meilleurs.
J’ai souhaité créer ce site pour partager avec vous mes analyses, mes réflexions, mes commentaires. Ce lien vous aidera à avoir une présentation sommaire.
Vous y trouverez quelques réflexions sur le devenir de l’Afrique, ma principale préoccupation. Mon opinion sur les bouleversements du monde et leurs implications sur nos vies quotidiennes.
Je me permettrais de mettre en ligne des textes entiers de quelques communications et textes de conférences pour recueillir vos réactions.
Mais, comme vous le constaterez, tout au long de notre compagnonnage, mon objectif est de susciter un débat aussi large que possible sur ce que j’appelle l’Africanisme Solidaire proposé dans mon dernier ouvrage comme alternative à l’impasse actuelle que vit l’Afrique.
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